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Fake News

« Nous parlons au mauvais président » : l’audition inédite de Bill Clinton sur l'affaire Epstein relance la pression sur Donald Trump

Etats-Unis. Au lendemain de l’audition de son épouse Hillary, Bill Clinton a longuement répondu, vendredi 27 février, aux questions de la commission de supervision de la Chambre des représentants. Les démocrates espèrent créer un précédent pour auditionner prochainement Donald Trump.
Par Juliette Laffont
Publié le 28/02/2026 à 12:35

Press Conference

Le représentant James Comer (Républicain), entouré de membres du Congrès dont Anna Paulina Luna, Nancy Mace et John McGuire, s'exprime devant le Chappaqua Performing Arts Center lors de l'audition de Bill Clinton sur l'affaire Epstein, le 27 février 2026 (Reuters)

C'est une première dans l'histoire des Etats-Unis. Jamais un ancien président n'avait été forcé de comparaître devant une commission au Congrès. Bill Clinton a changé la donne vendredi : il a dû s'expliquer, pendant six heures et à huis clos, sur ses liens avec Jeffrey Epstein. S'il a bien reçu le pédocriminel à la Maison-Blanche (17 fois) et voyagé dans son jet privé (27 fois), il ignorait tout, a-t-il dit, de ses agissements. Quant à son épouse Hillary, auditionnée la veille, Bill Clinton a assuré qu'elle n'avait rien à voir avec le prédateur sexuel.

Pas de complaisance

Bill Clinton lors d'une apparition publique récente, dans le contexte de l'enquête Epstein (TIME)

Le président de la commission James Comer (membre du parti Républicain) a déclaré que l’ex-président démocrate avait été "très coopératif" et tenté de répondre à chaque question posée, concernant notamment des photos compromettantes, même lorsque son avocat lui disait de se taire. "Non seulement je n’aurais pas pris son avion si j’avais eu le moindre soupçon de ce qu’il faisait, mais je l’aurais dénoncé moi-même et j’aurais mené la campagne pour que justice soit faite pour ses crimes, et non pour des arrangements à l’amiable", a assuré Bill Clinton devant la commission.

Après avoir résisté pendant des mois, dénonçant une convocation plus politique que judiciaire, l’ancien locataire de la Maison-Blanche, qui dit avoir rompu tout lien avec Jeffrey Epstein en 2006, a finalement accepté de se prêter à cet exercice. L'audience a été rythmée par de nombreuses questions, dont beaucoup de la part du camp démocrate lui-même.

L'ombre de Donald Trump

Le chef de file démocrate Robert Garcia s'exprimant devant la presse sur l'affaire Epstein et la pression sur l'administration Trump (WTOP News)

Les démocrates espèrent que l’audition de l’ancien président puisse créer un précédent - une sorte de "règle Clinton", selon le député Ro Khanna - pour obtenir une comparution de Donald Trump. Deux autres personnalités de l'administration actuelle sont également dans leur viseur : la procureure générale des Etats-Unis, Pam Bondi, accusée d'avoir volontairement omis de publier certaines archives liées à Jeffrey Epstein, et le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, qui a menti en dissimulant son voyage sur l’île privée du financier.

"Il est temps pour le président de répondre aux questions sur les dossiers du département de la justice qui manquent, la raison de la dissimulation organisée par la Maison-Blanche, et la raison pour laquelle cette administration continue à appeler l’enquête un canular", a expliqué le chef de file des démocrates au sein de la commission Robert Garcia à la presse. Une déclaration aussitôt corroborée par Suhas Subramanyam : "Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd’hui au mauvais président", a estimé l'élue démocrate de Virginie.

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